Les instruments

L’Organetto ou Orgue portatif

IMG_1453Miniaturisation de l’orgue gothique, l’orgue portatif apparaît dans les ateliers monastiques à la fin du XIIème siècle et disparaît vers 1500, après que Rafael lui eu donné le coup de grâce en représentant Sainte-Cécile renversant son attribut sur le sol jonché de débris d’instruments. Joué par les rois, les jongleurs, les troubadours, les moines et les mendiants, ancêtre de l’accordéon, l’organetto étonne par sa virtuosité et son expressivité. Instrument d’accompagnement de la voix, il se compose le plus souvent d’un jeu de tuyaux ouverts, d’un soufflet et d’un clavier.

Dans le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris et Jean de Mung, Pygmalion donne vie à sa statue de cire en chantant et jouant à l’orgue portatif les différentes voix d’un motet. La légende dit que l’organiste, poète et philosophe aveugle Francesco Landini (Florence ca1325-1397) était capable d’apprivoiser les oiseaux au son de son organetto, ceux-ci venant doucement se poser sur son épaule pour chanter avec lui.

Après avoir disparu de la pratique instrumentale au cours de la Renaissance, l’orgue portatif fut redécouvert au début du XXème siècle et connaît depuis une vingtaine d’année un regain d’intérêt de la part de musiciens chercheurs et inventifs, séduits par de nouveaux horizons expressifs et sonores.

Khristowf joue sur un Organetto en fa2 de Johannes Rohlf et Friedemann Seitz, construit en 1993, d’après une enluminure du De Musica de Boèce (XIVème s.) conservé à la Bibliothèaque de Naples. 2 octaves chromatiques, diapason la = 518 hz.

Démonstration d’organetto: Che Ti Çova Nascondere, par Kristof.

Le Morin khuur, vièle mongole à tête de cheval

IMG_1481Le morin khuur est un instrument mongol à tête de cheval qui se joue avec un archet. Il a deux cordes faites de crins de cheval et une caisse de résonance en forme de trapèze.

Voici la légende autour de son origine : un garçon ayant perdu son cheval bien-aimé, construisit l’instrument en sa mémoire, avec une tête de cheval sculptée au bout du manche, des cordes et un archet façonnés avec des crins.

L’ancêtre de l’instrument remonte au 13ème siècle ; sa caisse de résonance était alors couverte d’une peau de chèvre ou de biche. Ce n’est qu’à la deuxième moitié du 20ème siècle, suite à la proposition d’un luthier russe, que le morin khuur prit sa forme actuelle avec une caisse de résonance en bois et des ouïes en forme de F similaires à celles du violon.

Chaque ethnie avait sa musique et ses danses spécifiques qu’accompagnait le morin khuur. Par ailleurs, de nombreuses compositions classiques ont été écrites pour lui à l’époque moderne.

Bujee s’est spécialisée dans la pratique du morin khuur dès l’âge de 13 ans au Collège de Musique et de Danse d’Oulan-Bator puis à l’Université des Arts et de la Culture de Mongolie. Elle continue à se produire dans plusieurs ensembles et divers projets de rencontres musicales.

Démonstration de morin khuur: Shuvtarga, par Bujee.

Le Khoomei: chant diphonique et chant de gorge

Le khoomei est un terme générique qui couvre tous les styles de chant diphonique et de chant de gorge. Ce style de chant est issu de la tradition orale des régions de l’Altaï: bien que généralement rattaché à la musique mongole on peut aussi l’entendre en République du Tyva et dans d’autres régions du monde comme l’Afrique du Sud. Son origine reste jusqu’à présent inconnue, tant géographiquement que chronologiquement; certains témoignages écrits de voyageurs permettent cependant de faire remonter cette pratique assez loin dans le temps (XIIIème siècle). De même, la raison qui a poussé les premiers pratiquants à chanter de cette façon n’est pas clairement établie; certains avancent que c’est pour imiter des bruits de la nature, d’autres que c’est en rapport avec les esprits, ou encore que c’est une tradition issue d’une légende.

Lorsqu’il est pratiqué pour la mélodie seule le khoomei peut s’appeler « chant diphonique »; lorsqu’il est combiné avec un texte il devient alors « chant de gorge ». La nuance est d’importance car si les résultats de ces chants peuvent sembler similaires ce sont bien deux pratiques distinctes, qui demandent des techniques différentes.

Le principe du khoomei est de combiner une note émise en continu (la fondamentale) avec des harmoniques sur lesquelles le chanteur va jouer à travers le positionnement de l’ensemble de l’appareil phonatoire: langue, lèvres, joues, mâchoires etc. La fondamentale est très fortement timbrée, grâce à une contraction de la gorge renforcée par une pression conséquente de l’air par le diaphragme et les muscles du bas-ventre; bien que l’on puisse s’en passer, ce timbre est essentiel car c’est lui qui va permettre de faire ressortir les harmoniques.

Il existe un nombre important de techniques différentes, et chaque chanteur en a une interprétation propre à travers la pratique de « son » khoomei; ainsi établir une classification s’avère assez complexe. Utelo pratique avec une nette préférence le style « Kargyraa », où la voix émet un grondement qui descend largement au-dessous de la tessiture du chanteur, ainsi qu’un khoomei au son nasillard qui lui sert de base pour chanter des harmoniques hautes.

Démonstration de différents styles de kargyraa et khoomei: le Marcheur, par Utelo.


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